Assurance-vie : Peut-on externaliser sa plateforme d’arbitrage ? | France
Assurance-vie : Peut-on externaliser sa plateforme d’arbitrage ?

Savez-vous ce qu’est une plateforme d’arbitrage pour assurance-vie ? A quoi cela sert concrètement ? Comment est-on arrivé à proposer ces services ? Peut-on externaliser cette plateforme ? Et surtout est-ce que ce service est bénéfique pour les deux parties assureurs et assurés ? Dans cet article, je vous livre quelques éléments de réponse.

Quelques chiffres sur l’assurance-vie …

Ce n’est pas un secret, les français, pour leurs placements, aiment l’assurance-vie. On ne jouera pas le jeu de savoir si c’est leur placement préféré, mais ce qu’il y a de sûr c’est que l’assurance-vie en numéraire est le grand gagnant. L’Observatoire de l’Epargne (Banque de France) observe même une accélération des placements en Assurance-Vie pour la fin de cette année 2018 (source : Banque de France). Pour parler chiffres, la Fédération française de l’assurance (FFA) a annoncé au mois de juin de cette année avoir dépassé le cap des 1 700 milliards d’euros d’encours.

Assurance-vie : Peut-on externaliser sa plateforme d’arbitrage ?

Pourtant, l’assurance-vie est assez complexe à appréhender, entre les mono-supports, les multi-supports, les fonds Euros Obligation, les unités de compte, … D’où l’importance d’une personne qui puisse bien renseigner les épargnants et surtout les conseiller pour que ce placement soit le plus rentable dans le temps.

Retour rapide, mais explicatif sur l’assurance-vie

L’assurance-vie peut se diviser en deux grands compartiments : les fonds en Euro et les unités de compte.

Les fonds en Euro sont les placements les plus sûrs, car ils sont sécurisés. Le souscripteur ne peut pas perdre d’argent. Et surtout, les intérêts acquis par le souscripteur sont définitivement acquis (effet cliquet).

Les unités de compte (UC) sont un support d’investissement qui regroupe plusieurs classes comme les actions, les obligations ou l’immobilier. Elles ne garantissent en aucun cas le capital et peuvent même engendrer une moins-value (perte d’une partie du capital investi).

Le compartiment fond Euro, bien qu’il soit sans risques est de moins en moins rentable (cf historique rendement fond euro). De plus, suivant les époques, ce type de contrat a été plus ou moins avantageux fiscalement.

L’amendement Fourgous et la loi Sapin II

Les assurances fonds Euros ont longtemps été la panacée des épargnants, mais les temps changent et la rentabilité de plus en plus faible de ces contrats ont poussé les épargnants à diversifier leur épargne. De plus, ces contrats et surtout ceux postérieurs à 1998, étaient fiscalement avantageux. Mais avant l’amendement Fourgous, pour pouvoir modifier les termes du contrat, il fallait obligatoirement racheter le contrat et refaire un nouveau impliquant souvent une fiscalité moins avantageuse.

L’amendement Fourgous a été inséré dans la loi du 26 juillet 2005, loi relative à la confiance et la modernisation de l’économie. L’amendement Fourgous permet de transférer la totalité de l’épargne de son contrat d’assurance vie monosupport vers des contrats multisupports sans pénalité fiscale.

Source Ooreka

C’est donc un premier frein qui est levé.

Deuxième point important, la loi Sapin II et son article 21 bis (qui deviendra par la suite l’article 80). Une simple recherche Google sur cet article vous fera ressortir des titres assez alarmants :

Assurance-vie : Peut-on externaliser sa plateforme d’arbitrage ?

Sans rentrer expressément dans le détail, cet article permet à l’Etat via le Haut conseil de stabilité financière (HCSF), de suspendre temporairement les retraits sur les contrats d’assurance-vie, pour les contrats en fonds Euro. (source Legifrance). Ce qui incite donc à une plus grande prudence et à ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier.

Cette conjoncture expliquée, les assureurs peuvent donc proposer à leurs épargnants de changer leur ancien contrat mono support fonds Euro en contrat multi support.

Note : en assurance, le terme utilisé pour le fait de réorienter des supports de placements, s’appelle un arbitrage.

Plateforme d’arbitrage

Les plateformes d’arbitrage, nous l’avons vu, ont donc un réel intérêt pour l’assuré, mais aussi pour l’assureur qui peut ainsi fidéliser, mais aussi rassurer sa clientèle. Elles vont avoir un effet bénéfique non négligeable : elles renforcent le rôle de conseil des assureurs tout en améliorant la rentabilité des deux parties. Elles peuvent donc dans leur rôle propre d’arbitrage : faire de la conversion de fonds en euros vers les unités de compte, mais aussi faire de l’optimisation de portefeuilles multi-supports.

Maintenant du point de vue des assureurs, ces plateformes sont donc un service intéressant et pas seulement un point de coûts obligatoire. Pourtant, comme la plupart des activités de démarchages, ou de conseils, ce service peut être externalisé. Mais les assureurs sont assez réticents, car on ne parle pas que de service d’information client, mais bel et bien de l’image directe de la société (conseils, rentabilité, …)

Un exemple de partenariat réussi Teleperformance – Groupama

Lors de l’évènement Hub T Day (dont vous pouvez relire notre précédent article ICI), une table ronde entre Groupama et Teleperformance a été organisée évoquant notamment les plateformes d’arbitrage.

Par ailleurs, M. Georges Valente Monteiro Directeur Epargne Retraite Individuelles de Groupama Gan Vie explique :

« Teleperformance France accompagne Groupama depuis 5 ans dans la transformation de son portefeuille Assurance Vie. Toutes les équipes de TP ont su comprendre nos attentes et nos enjeux business sur nos métiers. Elles font toujours preuve d’humilité et de réactivité afin de répondre au mieux à la satisfaction de nos sociétaires. Ce partenariat est une vraie réussite à la fois en termes de valeur ajoutée clients mais aussi en termes de relations de confiance entre nos équipes. »

Si vous souhaitez échanger sur ce sujet avec moi, n’hésitez-pas à me contacter via mon profil Linkedin.

François Chevé, Directeur de Marché chez Teleperformance


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